|
++ Voir le projet de Trinity Square Video
TUNNEL VISION (2007)
Netwerk CCA (Alost, Belgique)
Réalisée en collaboration avec Éric Raymond
Ordinateur, projecteur vidéo, système de son spatialisé, système d'éclairage, gradateur DMX, détecteur de mouvement.
Vidéo 3:30 | Environnement sonore 10:30
Durée totale de l'expérience: 10:30
Tunnel vision est une installation multimédia composée d'une projection vidéo, d'un environnement sonore spatialisé et d'un jeu de lumière. La composante visuelle est réalisée en animation 3D. Cette oeuvre propose une expérience visuelle et auditive de la spatialité. Elle cherche à explorer les affects sensoriels et l'expérience physique de l'architecture industrielle.
Le bâtiment du centre d'art est caractérisé par une structure rudimentaire et fonctionnelle résultant d'une vacance architecturale. Comme dans la plupart des édifices de ce genre, les espaces intérieurs y sont plutôt anonymes et impersonnels. Ils ne renvoient à aucune mémoire historique ou très peu. Le vide y devient alors étrangement présent et prend une autre dimension, suggérant un espace identique infini et une mise en abîme vertigineuse. Cette forme d'absence incarne un désert intérieur.
Habituellement, l'œuvre investit un lieu, mais ici l'œuvre y disparaît, ou plutôt, c'est le lieu lui-même qui se déploie à travers elle. Avant d'entrer dans la salle, le spectateur aperçoit une projection visuelle statique de faible intensité tout en entendant un grondement sonore quasi inaudible. La projection créée une illusion spatiale qui semble en continuité avec l'architecture. À l'instar d'un tunnel ou d'un long couloir, la salle apparaît alors comme étant plus profonde et incurvée. Lorsque le spectateur entre dans la salle, l'environnement visuel et sonore se transforme. La vidéo se met en mouvement nous donnant l'impression d'un déplacement sinueux. Évoluant en amplitude et gagnant en spatialité , l'espace sonore devient plus audible. Graduellement, la projection devient plus lumineuse et la matière sonore plus présente. Lorsque l'espace perceptuel semble sur le point d'atteindre une forme de saturation, un dispositif d'éclairage illumine la salle. L 'environnement acoustique traverse alors la salle pour disparaître derrière le spectateur. Ensuite, l'espace s'assombrit à nouveau pour redevenir silencieux.
Comme le titre le suggère, cette œuvre explore des idées associées aux processus de conscience impliqués lors de l'immersion perceptive. Elle met en place un environnement dans lequel nous sommes confrontés à divers stimuli visuels et sonores, tantôt apaisants, tantôt dérangeants. L'oeuvre jouant au niveau des réflexes physiologiques fondamentaux et des sensations primaires, le spectateur est amené à prendre contact avec des zones plus primitives de la conscience. Expérimentant les effets de la lumière forte sur la vision ou des basses fréquences sur l'appareil auditif, nous sommes amenés aux limites des capacités sensorielles humaines.
La conception sonore cherche à répondre aux dimensions qualitatives de l'espace et à faire écho aux règles architectoniques minimales de la structure de l'édifice. L'auditeur est appelé à s'immerger dans une étendue composée d'événements acoustiques élémentaires. Cette matière sonore ambiante s'adressant d'abord à la sensibilité, l'ensemble du corps devient l'objet d'une expérience kinesthésique.
++ Voir le projet de Trinity Square Video
|